Paroisse Saint-Pierre-Saint-Paul
de COURBEVOIE (Hauts-de-Seine – France)
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ŒCUMÉNISME

« Que tous soient un,
Pour que le monde croie ! »

On s’y habitue assez vite. Intégrer les contradictions entre ce que l’on dit et ce que l’on fait paraît assez facile si personne ne relève la chose. Qui de nous est vraiment scandalisé du fait que les Chrétiens sont divisés entre eux ? Certes, c’est dommage, mais de toute façon, on n’y peut rien. Au fond, on ne sait même pas pourquoi ils sont partis, ces autres ! Pourquoi ne font-ils pas comme tout le monde ? Pourquoi ont-ils leurs églises ailleurs, pratiquent-ils d’autres rites et n’ont-ils pas la même piété ?

En Grèce, on estime que « ces autres qui sont partis » sont les catholiques ; en France, on le dit des Protestants, en Finlande, la majorité le pense des Orthodoxes. La carte européenne des appartenances confessionnelles en dit long sur l’histoire religieuse entre évangélisation et politisation des questions théologiques et culturelles. Les malentendus et les condamnations (mutuelles souvent) ont été impitoyables et ont dressé comme des murs invisibles entre Orthodoxes, Catholiques et Protestants.

Pourtant, depuis son origine, il n’existe que l’Église UNE, confessée, dimanche après dimanche dans toutes les célébrations dominicales. Elle est don unique du Dieu unique pour rassembler « les peuples de toutes langues et de toutes races » comme le chante l’auteur du livre de l’Apocalypse. L’unité de l’Église se manifeste depuis la première Pentecôte comme rassemblement multilinguistique, multiculturel et multirituel. Pas question d’uniformiser. Les communautés chrétiennes fondées par l’apôtre Paul vivront autrement que celles fondées par Pierre ou Jean. Ce qui les unit : la confession du Christ mort et ressuscité, l’annonce du don gratuit de Dieu, le service des frères, la célébration des sacrements, la mission, la réception des Écritures, la certitude que l’Esprit souffle encore.

Ce n’est donc pas la diversité des expressions qui pose problèmes. Plus de vingt rites différents sont pratiqués dans l’Église qui se reconnaît aujourd’hui autour du ministère de rassemblement de l’évêque de Rome : chez les maronites libanais par exemple, on connaît un clergé marié et chez les grecs catholiques, l’utilisation des icônes est aussi développée que chez les orthodoxes. Dans le monde protestant, il existe des variations importantes entre les cultes réformé, baptiste ou évangélique luthérien, mais la reconnaissance mutuelle l’emporte sur la diversification des expressions.

Le mouvement œcuménique s’est développé surtout au cours du XXème siècle. Depuis le grand schisme de 1054, comme une période de glaciation s’était répandue sur toutes les tentatives de conciliation et de réforme du IIème millénaire. Curieusement, ce sont le grandes guerres qui ont amorcé un changement de regard les uns sur les autres.

La création du Conseil œcuménique des Églises en 1948 en témoigne de manière exceptionnelle. Toutes les grandes familles confessionnelles s’y retrouvent pour travailler ensemble. Même si l’Église catholique n’en ait pas partie à part entière, elle participe aux débats et collabore dans certains domaines avec les autres chrétiens. Un travail théologique important a été fourni depuis une quarantaine d’années et a réuni les responsables des Églises pour prier ensemble, échanger, clarifier, approfondir et parfois se concerter pour des questions pastorales ou des prises de positions éthiques et sociales.

A travers 20 siècles d’histoire assez tumultueuse, les Écritures et le Credo sont restés les appuis inchangés des chrétiens. Et la prière du Christ « Que tous soient un, pour que le monde croie ». Serait-il possible que nous réalisions cette demande du Christ ? Témoigner de cette unité qui nous vient de Dieu comme un don, en quittant les divisions, les suspicions et les accusations ?

On ne peut pas avancer sans se connaître. Ce que les théologiens ont déjà réussi reste une tâche importante dans les vies des églises locales. Se connaître soi même, connaître les autres pour pouvoir apprécier le don de Dieu chez chacun. Et entrer ainsi en Eucharistie. Avec le Christ et pour la vie du monde.

Agnès von Kirchbach
Pasteur de l’Église Réformée (Bois-Colombes)

(extrait de la feuille paroissiale de St-Adrien)

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